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Logiciel libre

Logiciels libres et propriétaires

Il existe deux sortes de logiciels : les logiciels libres et les logiciels propriétaires. Pour comprendre ce qu'est un logiciel libre, nous allons déjà voir ce que la plupart des gens utilisent en général : les logiciels propriétaires. Mais avant tout, qu'est-ce qu'un logiciel ?

Un logiciel est un programme qui exécute une tâche. Par exemple, Mozilla Firefox est un logiciel permettant de naviguer sur Internet. Il est écrit par des développeurs (programmeurs) dans un langage informatique lisible et donc compréhensible par l'homme : le code source. Ce code est ensuite traduit dans un langage machine compréhensible uniquement par l'ordinateur : le code binaire. C'est ce code qui sera exécuté par l'ordinateur pour lancer Mozilla Firefox lorsque l'on clique sur son icône.

Pour bien comprendre, comparons avec une recette de cuisine :
Le code source est comme une recette. Celle-ci contient toutes les instructions nécessaires pour faire un produit fini, comme une tarte par exemple. Une fois que les instructions ont été suivies, il ne reste plus qu'à la cuire (traduction du code source en langage machine). Et enfin nous avons notre tarte qui est prête et utilisable, comme le code binaire.

Les logiciels propriétaires

Un logiciel propriétaire est écrit, la plupart du temps, par une entreprise. Il est distribué uniquement sous forme binaire (sans source). On ne connaît pas sa recette car elle reste la propriété de l'entreprise. Souvent, il est disponible sous une licence d'utilisation assez restrictive. Par exemple, si vous achetez un ordinateur fourni avec Microsoft Windows, vous n'aurez le droit de l'utiliser uniquement sur cet ordinateur. Si vous décidez de mettre à jour un ancien ordinateur avec votre nouveau Windows, vous serez donc contraint d'acheter une nouvelle licence. Ces licences restrictives placent les utilisateurs dans un état de division. Ceux qui les violent en faisant des copies pour ses amis sont appelés "pirates".
Du fait que ces entreprises gardent leurs secrets de fabrication, les développeurs et les utilisateurs (nous) sont également divisés. Les développeurs ont le pouvoir de faire leurs logiciels comme ils le veulent, et les utilisateurs n'ont comme seul choix d'accepter ou de refuser ces logiciels. Non seulement vous n'aurez jamais le droit de les modifier, mais vous ne pourrez même pas étudier leur fonctionnement. Si un logiciel plante, vous êtes obligés d'attendre que l'entreprise ait corrigé le bug, en espérant qu'elle le fasse rapidement et qu'elle ne fera pas payer cette correction.

On peut donc simplement dire que ces entreprises ont tous les pouvoirs sur ses utilisateurs qui eux, sont impuissants.

Schéma logiciel propriétaire
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Je vous imagine déjà penser : "De toutes façons je ne sais pas programmer, je n'y connais rien", alors comparons avec une voiture.
Mr Simon désire une Parshe 915. Même s'il n'est pas du tout mécanicien, il aura envie d'ouvrir le capot et voir comme c'est à l'intérieur, c'est son droit. Il peut à l'avenir vérifier qu'il n'y a pas de fuite, que les niveaux sont correctes, changer une roue...
Si sa voiture était conçue comme un logiciel propriétaire, il ne pourrait pas ouvrir le capot, démonter ses pneus ou changer ses phares. S'il a besoin de réparer sa voiture, il serait obligé d'aller chez Parshe, car le mécanicien du coin ne peut évidemment pas l'étudier non plus.

Les logiciels libres

Un logiciel libre se définit par 4 libertés (rédigées par FSF) :

  • liberté 0 : la liberté d'exécuter le programme pour tous les usages.
  • liberté 1 : la liberté d'étudier le fonctionnement du programme, et de l'adapter à vos besoins. Pour ceci l'accès au code source est une condition requise.
  • liberté 2 : la liberté de redistribuer des copies, donc d'aider votre voisin.
  • liberté 3 : la liberté d'améliorer le programme et de publier vos améliorations, pour en faire profiter toute la communauté. Pour ceci l'accès au code source est une condition requise.

Plusieurs licences protègent ces 4 libertés dont la plus connue est la licence GPL.

Un logiciel libre n'est pas le fruit d'une unique entreprise (ou personne), il est crée par toute une communauté composée d'entreprises (Mandriva, Redhat, Canonical), d'associations (Free Software Foundation, April, Aful), et de particuliers. Tout le monde sans exception peut apporter sa contribution en rapportant des bugs, en suggérant des idées, ou en programmant pour ceux qui savent coder.
Contrairement aux logiciels propriétaires, lorsque nous copions un logiciel libre pour un ami, nous ne "piratons" pas, nous partageons.
Tous les acteurs du logiciel libre, qu'ils soient entreprises, développeurs, ou simples utilisateurs sont tous égaux et jouissent des mêmes droits.

Schéma Logiciel libre
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J'ai entendu parler de logiciels OpenSource. Sont-ils des logiciels libres ?

Un logiciel OpenSource est par définition un logiciel libre, mais certains éditeurs vantent leurs logiciels comme OpenSource dont les sources sont ouvertes mais non libre. Nous avons accès au code source mais la licence nous empêche de le modifier, de le redistribuer... donc cette licence ne garantit pas les quatres libertés fondamentales.

Conclusion

L'univers du logiciel propriétaire enseigne la propriété intellectuelle, la confiance aveugle et l'inégalité sociale.
L'univers du logiciel libre enseigne le partage de la connaissance, la diversité, l'égalité et la liberté.

Formats libres et propriétaires

Lorsque nous travaillons sur un document, nous utilisons un logiciel spécifique et nous enregistrons notre travail dans un format approprié. Par exemple, lorsque nous rédigons un texte mis en page, nous enregistrons notre document dans un format texte. Cela signifie qu'il ne peut être ouvert qu'avec un logiciel de traitement de texte.

Nous connaissons tous différents formats comme MP3, JPG, DOC, XLS...

Quelles sont les différences entre un format propriétaire et un format libre ?
Tout d'abord, je vous conseille de lire l'article sur les logiciels libres/propriétaires pour comprendre plus facilement la suite. Cet article est disponible ici.

Pour expliquer concrètement ces différences, nous comparerons essentiellement les suites bureautiques Microsoft Office et OpenOffice.org ainsi que leurs formats.

Les formats propriétaires

Comme les logiciels propriétaires, un format est propriétaire lorsque ses spécifications techniques appartiennent à l'entreprise qui les a créées. Au même titre qu'un logiciel "OpenSource", un format peut être ouvert et propriétaire.
Par exemple le format MP3 est ouvert, ce qui signifie que tout le monde peut écrire un logiciel utilisant ce format (lecteur de musique, encodeur de CD-Audio vers des fichiers MP3...), mais il est propriétaire et appartient aux sociétés Fraunhofer, Philips et Thomson. Elles peuvent décider à tout moment de fermer ce format et donc de rendre impossible son implémentation dans un logiciel. Ceci veut dire que nos fichiers MP3 peuvent très bien être rendus inutilisables. Les utilisateurs sont donc impuissants face à ce type de format.

Parlons maintenant des formats bureautiques qui sont pour la plupart bien plus importants car ils contiennent nos données personnelles. Les plus concernés par ce sujet sont surtout ceux qui enregistrent leurs documents au format Microsoft Office (DOC pour Word, XLS pour Excel, PPT pour Powerpoint...).
Le format de Microsoft Office est propriétaire et fermé. Cela signifie que les documents enregistrés dans ce format ne peuvent être lus que par Microsoft Office et qu'ils sont prisonniers de ce logiciel (et donc de Microsoft).
D'autre part, au fil des versions de Microsoft Office, Microsoft modifie ses formats. On peut enregistrer un document dans un ancien format ou dans le nouveau, mais si l'on souhaite utiliser un document enregistré dans le nouveau format sur un PC qui contient une ancienne version de Microsoft Office, il y a peu de chance que l'on puisse l'ouvrir. De plus les anciens formats ne sont que partiellement supportés par les dernières versions du logiciel. Il est donc tout à fait possible que l'on ne puisse pas récupérer intégralement nos propres documents.
Microsoft nous retient prisonniers en nous rendant complètement dépendants de sa suite bureautique, et décide du sort de nos propres documents. Si Microsoft disparaît, nos documents disparaissent aussi.
Les formats propriétaires ne garantissent pas la pérennité et l'interopérabilité des données.

Certains me diront que l'on peut utiliser ce format avec d'autres logiciels comme OpenOffice.org par exemple.
En effet, d'autres suites bureautiques peuvent le lire, mais il est intéressant de savoir comment. D'abord il est important de savoir qu'aucune autre suite que celle de Microsoft ne peut le lire complètement. Son implémentation dans OpenOffice.org est partielle. Comme je l'ai dit ci-dessus, Microsoft ne souhaite pas publier ses spécifications, et les développeurs d'OpenOffice.org ont dus s'en passer. Pour réussir à déchiffrer ce format, ils ont été contraints de pratiquer la rétro-ingénierie, ce qui consiste à les trouver aveuglément (travail très long).

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Les formats libres

Comme les logiciels libres, ce type de format n'est la propriété de personne. Un format est libre si ses spécifications sont ouvertes et modifiables par tous. Nous avons parlé du format MP3 comme document audio ouvert mais propriétaire, il existe par exemple le format Vorbis (OGG) qui est libre. N'étant la propriété de personne, il ne peut pas disparaître. Notre musique au format Vorbis pourra donc toujours être lue dans le temps.

Revenons à nos suites bureautiques. Nous parlions du format Microsoft Office et de son implémentation dans divers logiciels, maintenant nous allons parler du format ODF.
Pour commencer, ce format est une norme ISO (donc libre évidement). Ensuite, il est utilisé par quasiment toutes les suites bureautiques. La seule grosse suite ne l'utilisant pas est bien sûr Microsoft Office car Microsoft ne souhaite pas que ses fidèles clients connaissent un tel format. Si nous enregistrons nos documents dans ce format, ils ne pourront jamais disparaître car les spécifications sont ouvertes et libres. Même s'il évoluera voire disparaîtra dans 20 ans, nous pourrons toujours retrouver nos vieux documents.
Les formats libres garantissent la pérennité et l'interopérabilité des données.

Précisons tout de même que Microsoft va implémenter dans la prochaine version de sa suite le format ODF.

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Conclusion

Un document enregistré dans un format libre, quelqu'il soit, nous appartient.
Un document enregistré dans un format propriétaire appartient à celui qui a créé le format.

Controverses à propos de Microsoft

Nous avons vu que le format libre bureautique ODF est normalisé par l'ISO. Pour contrer cette norme, Microsoft a voulu créer son propre format OXML dans le but d'être normalisé. D'abord il est évident que c'est contre-productif d'avoir 2 normes pour un même objet. Ensuite ce format n'existe pas réellement car Microsoft n'a jamais publié de spécifications mais nous savons qu'elles font 6000 pages ce qui est énorme et donc dur à implémenter dans un quelconque logiciel. Nous savons aussi que ces spécifications sont basés sur le format Microsoft Office qui est breveté donc non libre. Le pire est que ce format fantôme a été normalisé par l'ISO sous la menace constante de Microsoft et contre le gré de la plupart des autres acteurs.
Voici quelques liens sur le sujet :

Une autre controverse intéressante :
Un document enregistré dans un format Microsoft Office ne contient pas uniquement votre document même, il contient également la liste des logiciels installés sur votre ordinateur, ainsi qu'une liste partielle des fichiers de votre disque dur. Bref, aucune confidentialité. Voyez par vous même avec cet article.

Microsoft Office et OpenOffice.org dans l'éducation nationale

Dans des articles précédents sur les logiciels et formats libres/propriétaires, j'avais expliqué les différences éthiques sur ces deux mondes. Le monde du propriétaire rend les utilisateurs de ces logiciels prisonniers et impuissants face aux entreprises qui les a créés, tandis que le monde du libre garantit les mêmes libertés d'utilisation de ses logiciels pour tout le monde.

Microsoft Office

Nous avions vu, dans l'article sur les formats cité ci-dessus, que les documents enregistrés au format Microsoft Office nous rendaient dépendants de ce logiciel et par conséquent que nos propres documents ne nous appartiennent pas vraiment mais plutôt à Microsoft qui elle seule possède la clé permettant de les déchiffrer. Nous avions vu aussi qu'à chaque nouvelle version de Microsoft Office, Microsoft modifiait ses formats rendant les anciens obsolètes. De plus Microsoft Office coûte cher. Quelles en sont les conséquences dans le milieu scolaire ?

  • Un élève qui souhaite terminer un document sur son propre ordinateur est obligé d'avoir la licence de Microsoft Office. Seuls ceux qui ont les moyens de l'acquérir pourront travailler. Les élèves sont donc placés dans une situation d'inégalité sociale. De plus, ceux qui peuvent acquérir ces licences ont intérêt à avoir au moins la même version du logiciel que celle de l'établissement scolaire sinon une plus récente.
  • Au fil du temps, les élèves seront obligés de continuer à utiliser ce même logiciel pour être sûrs de pouvoir toujours ouvrir leurs anciens documents.
  • Comme ils sont contraints d'utiliser uniquement ce logiciel, ils ne diversifient pas leur culture informatique et ne sont donc pas capable de le juger correctement. Ils baignent dans une mono-culture microsoftienne.

Certains me diront que pour éviter cette inégalité sociale, il suffit de télécharger illégalement et gratuitement le logiciel. Il est évident que celle solution est stupide, l'école n'est pas là pour enseigner la malhonnêteté même si c'est pour rendre service.
D'autres me diront que Microsoft offre généreusement son logiciel aux enseignants et aux étudiants. Ceci est tout à fait vrai mais pourquoi fait-elle cela ? Pour commencer, elle l'a toujours vendu moins cher pour le corps enseignant, ensuite la popularité d'OpenOffice.org et du libre en général étant en constante croissance, elle a donc décidé de l'offrir, tout simplement. Mais le problème de dépendance reste le même, et d'ailleurs une fois que les étudiants ont fini leurs études, ils devront acheter leur licence de Microsoft Office pour garder leurs propres documents.

OpenOffice.org

Nous avions vu également dans les articles cités ci-dessus que les logiciels et formats libres garantissent l'interopérabilité et la pérennité de nos documents. Quelles en sont les conséquences ?

  • Un élève qui souhaite terminer un document, enregistré dans un format libre, sur son propre ordinateur aura toujours la liberté de le terminer avec la suite bureautique de son choix (sauf Microsoft Office pour l'instant qui ne s'ouvre pas au monde libre). Il peut donc télécharger et installer par exemple OpenOffice.org gratuitement en toute légalité sans durée limitée d'utilisation. S'il ne possède pas de connexion internet, un camarade ou un professeur peut lui copier sur un CD ou une clé USB, ainsi tous les élèves sont égaux.
  • Enseigner aux élèves à copier un logiciel libre pour aider son camarade leur apprend le partage et non le piratage.

Pour conclure, l'informatique libre dans les écoles enseigne la liberté, la diversité, le partage, l'égalité pour tous, tandis que l'informatique propriétaire enseigne la dépendance, l'emprisonnement, l'inégalité et la mono-culture.

Je vous suggère le lire cet article qui aborde l'usage des logiciels libres dans le milieu scolaire de manière générale.

Internet et réseau

Qu'est-ce qu'Internet ?

Voici une conférence de Benjamin Bayart donné à Sciences Po expliquant ce qu'est Internet en 3 parties :

  1. Le réseau
  2. Les applications
  3. Les enjeux politiques et sociétaux

Toutes ces vidéos sont proposées par Libertés numériques.

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Internet libre ou Minitel ?

Comment fonctionne Internet ? Comment fonctionne le Minitel ? Pourquoi les comparer ?
Tous les services liés à Internet ont énormément évolué en l'espace de 10 ans ainsi que l'usage que l'on en fait. Cet article explique comment nous l'utilisons, mais aussi comment nous sommes incités à l'utiliser.

Pour bien comprendre comment nous utilisons Internet aujourd'hui, il est essentiel de savoir comment ce réseau fonctionne, ainsi que celui du Minitel.
Mais tout d'abord, voyons ensemble deux définitions importantes :

  • serveur : c'est un ordinateur qui offre un service. Par exemple, lorsque vous vous connectez sur le site de la météo, vous êtes reliés à l'ordinateur de ce site qui vous transmet le temps qu'il va faire chez vous.
  • client : c'est l'ordinateur qui demande ce service, en se connectant au serveur du site de la météo.

Minitel

Le réseau Minitel est centralisé. Tous les terminaux (postes) sont reliés à un serveur central basé à Paris. Un terminal est directement dépendant de ce serveur : il est donc passif car il ne sait rien faire tout seul. On dit qu'il est client du serveur. Cela signifie que quand le serveur est en panne, le réseau entier ne fonctionne plus.

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Ce type de réseau est donc fragile car l'intelligence est centralisée.

Internet

Le réseau Internet est décentralisé. Tous les terminaux (nos ordinateurs) sont reliés entre eux et non à un centre. Si un terminal ne fonctionne plus ou est simplement déconnecté, le réseau continue de fonctionner. Les terminaux sont passifs et actifs : les ordinateurs sont donc à la fois clients et serveurs, c'est en tout cas l'usage naturel d'Internet.

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Usages d'Internet

Aux début des années 1970, il n'existait pas d'application pour Internet (oui, c'est aussi vieux que ça). Une des premières à avoir vu le jour est le mail. A l'époque, il n'y avait pas Gmail, Hotmail ou Voila pour nous fournir une adresse donc les internautes avaient leur propre adresse mail. Je vous entends déjà dire : "Mais moi aussi j'ai ma propre adresse !". Si vous parlez d'une adresse commme "dupont@voila.fr" ou "michu@yahoo.com", il ne s'agit pas de votre réelle adresse car votre ordinateur ne s'appelle pas voila.fr ou yahoo.com, vous avez juste un compte chez un fournisseur de mail.
A l'époque, les internautes avaient une adresse comme "jean@mon_pc_23_rue_bidon_a_besancon.com", c'est-à-dire qu'ils recevaient leurs mails directement chez eux (comme le vrai courrier postal) alors que nous, nous consultons nos mails non pas chez nous, mais chez gmail.com et hotmail.com depuis chez nous, ce qui est tout à fait différent. C'est à dire que nous centralisons nos données personnelles sur un serveur central. Nos ordinateurs redeviennent aussi bêtes que des minitels car ils ne servent que de clients et non de serveurs. Si le service mail de notre fournisseur tombe en panne, ce sont tous les abonnés qui en dépendent qui sont paralysés.
Ceci n'est qu'un exemple parmi beaucoup d'autre :

  • MSN : pour communiquer avec un ami via MSN, nous nous connectons au serveur de Microsoft et nous dialoguons avec nos amis. Toutes nos conversations transitent pas ce serveur central. Cela signifie que si nous discutons avec notre voisin à Marseille, notre conversation passera sans doute par Paris, là où est situé ce serveur, au lieu d'être directe.
  • Youtube et Dailymotion : pour partager une vidéo perso avec des amis, il suffit de télécharger notre vidéo vers Youtube. Une fois de plus, nous centralisons.
  • Les blogs : un blog peut servir à énormément de choses, il ne se limite pas à raconter notre vie privée. Pourtant beaucoup de personnes et surtout des adolescents, utilisent des blogs dans ce but. Ceci n'est pas un problème en soi, chacun peut s'exprimer comme il le souhaite. Le problème est qu'une fois de plus, les gens ne font pas de blog sur leur ordinateur, mais chez un fournisseur comme Blogger ou Skyblog donc ils centralisent encore.
  • Flickr et Picasa : deux sites pour stocker ses propres photos ailleurs que chez soi : centralisation

Je pourrais encore citer les réseaux sociaux comme Facebook par exemple, l'hébergement de sites web...

Mais quelles sont les conséquences de ces centralisations de nos propres données ?

Conséquences

Les principales conséquences de ces centralisations sont la dépendance de ces fournisseurs de services, et la perte de contrôle de nos données personnelles, ce qui revient à perdre la liberté.

  • Dépendance : Que ce soit pour les services mail (Gmail...), de messagerie instantanée (MSN), de partage de vidéos (Youtube), d'expressions personnelles (Blogger, Skyblog...), de partage de photos (Picasa, Flickr), nous sommes dépendant de ces énormes entreprises car nous ne pouvons pas consulter nos propres données ou nous exprimer librement sans elles.
  • Perte de contrôle : Comme nos données ne sont plus stockées chez nous mais chez un fournisseur, celui-ci a tous les droits. Nous pouvons très bien arrêter notre blog chez Skyblog, supprimer nos photos chez Flickr mais comment peut on être sur que ces entreprises ne font pas de copies.

Ces entreprises offrent peut-être ces services gratuitement mais de manière intéressée et non par bonté. Elles utilisent nos données à des fins commerciales (vente de données personnelles aux sociétés marketing) (voir lien sur Facebook à la fin de l'article).

Et nos fournisseurs d'accès Internet

L'ADSL (Asymmetric Digital Subscriber Line) est notre moyen de communication pour utiliser Internet. Ce qui est intriguant dans "ADSL" est le "A" qui signifie asymétrique. Nos FAI vendent des forfaits 20Mb/s (100Mb/s pour Numéricâble) ce qui signifie que nous pouvons télécharger en réception jusqu'à 20Mb/s. Par contre ils ne précisent jamais à quelle vitesse nous pouvons télécharger en émission ce qui ne dépasse jamais le Mb/s. Voilà pourquoi nous parlons de débit asymétriques, nos FAI nous vendent du 20/1.
Ils nous expliquent que mettre en place du SDSL (donc symétrique) est difficile, et que cela engendre des forfaits très chers pour nous. En réalité, la vraie raison de vendre de l'ADSL et de nous rendre le plus passif possible en nous décourageant à émettre. Et certains nous empêchent techniquement de faire nos propres serveurs. Ceci ne dépend pas uniquement d'eux, mais aussi du gouvernement qui veut nous empêcher au maximum de nous exprimer le plus librement possible pour garder un meilleur contrôle de l'information.

Existe-t-il des solutions pour s'exprimer librement ?

"La" solution évidente pour s'exprimer librement est de faire notre propre serveur avec notre propre ordinateur, et nous pouvons le faire. Ainsi nous partagerons toujours notre blog, nos photos et vidéos, nous transmettrons toujours des mails... mais librement depuis chez nous indépendamment. Une fois de plus je vous entends dire : "Mais c'est compliqué à faire, il faut être informaticien, et en plus ça nous oblige à laisser notre ordinateur allumé 24h/24", et vous avez raison.
Il existe donc 2 solutions : une à court terme, l'autre à long terme.

  • A court terme, la solution serait de recycler nos vieux PC (pas besoin d'écran) qui ne consomme pas plus d'énergie qu'un téléphone portable pour faire votre blog ou site web et y mettre vos photos et vidéos. Ce PC serait administré soit par vous-même si vous êtes compétent, soit par une connaissance.
  • A long terme, la solution serait d'avoir des FAI qui nous proposent des forfaits SDSL sans aucune restriction technique. Mais en plus, nous n'aurions plus de Freebox ou Livebox ou autre mais une No-box. La No-box est un boitier comme la Freebox mais qui permet de faire son propre serveur (silencieux avec peu de consommation) tellement facilement que même Mme Michu saura héberger son propre blog et faire son serveur mail. Cette No-box est développée par des bénévoles, développement assez long car manque de moyen humains.

Conclusion

Si nous voulons retrouver notre liberté, il faut apprendre à la gagner au lieu de se laisser emporter par le confort des services centralisés qui nous la supprime. Plus nous serons nombreux à réclamer notre liberté, plus vite elle arrivera.

Quelques liens intéressants

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La vente liée

Depuis bientôt 15 ans, les ordinateurs sont vendus avec Windows. La communauté française du libre se bat pour stopper cette vente liée... Mais qu'est-ce que la vente liée exactement et que peut-on faire ?

On parle de vente liée (ou vente forcée) en informatique lorsqu'un ordinateur est vendu obligatoirement avec un système d'exploitation. Cette pratique est illégale en France.

Vous avez déjà certainement remarqué que tous les ordinateurs (ou presque) vendus en magasin sont équipés de Windows. On trouve aussi les ordinateurs Apple vendus avec Mac OSX.
Nombreux sont ceux qui croient que les logiciels inclus sont offerts car le coût d'un ordinateur n'est pas détaillé : on ne connaît pas le prix du matériel seul et des logiciels inclus. Pourtant Windows coûte entre 50 et 100 euros sans compter les autres logiciels pré-installés.

Nous parlerons ici du coût d'une licence et non d'un logiciel. En effet, lorsque nous achetons un ordinateur avec Windows, celui-ci ne nous appartient pas, nous payons juste le droit de l'utiliser sous conditions.

Cette vente liée nous amène à deux problèmes :

  • Le premier est l'omniprésence de Windows : la plupart des gens sont persuadés qu'un PC ne peut fonctionner qu'avec lui et donc croient que seul Windows existe alors que l'on peut trouver facilement d'autres alternatives simples d'utilisation (même meilleures et moins chères).
  • Le second problème, pour les personnes ne souhaitant pas acquérir les licences de ces logiciels pré-installés, est qu'elles sont obligées de les payer en magasin et de demander aux fabricants leurs remboursements. Cette procédure est assez lourde.

Et Apple ?
Même si Apple fait aussi de la vente liée, il suffit de ne pas prendre un Mac si on ne veut pas du système Mac OSX alors qu'au contraire, tous les PC sont vendus avec Windows.

Pour que ces remboursements se concrétisent, il faut la plupart du temps faire pression contre les fabricants et attendre longtemps, voire passer devant un juge.
Suite à un procès de l'UFC Que Choisir contre Darty, Auchan et HP terminé le 24 juin 2008, le tribunal a reconnu la vente forcée et a obligé Darty à afficher des prix détaillés et à proposer le remboursement des licences. Malgré cette décision, le remboursement reste difficile.
Voici le guide du remboursement des licences.

Comment peut-on remédier définitivement à cette vente liée ?
Tout d'abord il faut bien comprendre que la solution n'est pas de vendre des ordinateurs sans système d'exploitation. En effet, tout le monde n'est pas informaticien. Le but reste toujours de vendre un produit prêt-à-l'emploi. La première chose indispensable à faire est de détailler le prix d'un ordinateur (matériel + logiciels) pour que les clients soient informés de ce qu'ils payent.
A court terme, la solution serait simplement de pouvoir refuser la licence du logiciel non désirée à l'achat d'un ordinateur. Dans ce cas, le magasin supprimerait ce logiciel du disque dur et le client n'aurait pas besoin de demander un remboursement au fabricant.
A long terme, une bonne solution serait :

  • de passer par l'intermédiaire d'une clé d'activation qui coûterait le prix de la licence d'un logiciel. Le client aurait le choix d'acheter cette clé ou non. S'il ne l'achète pas, le logiciel sera utilisable uniquement durant une courte période. Dans ce cas, le client peut déjà l'essayer et s'il lui convient, il peut retouner en magasin acheter cette clé.
  • de proposer au client d'autres systèmes d'exploitation. Un vendeur doit pouvoir le guider en proposant différents logiciels et expliquer leurs différences afin que le client ait un réel choix. Nous pourrions voir des ordinateurs vendus avec Windows et d'autres avec GNU/Linux.
  • de proposer des ordinateurs nus. Un client doit pouvoir refuser tous les logiciels et n'acheter que le matériel.

L'April se bat depuis des années contre cette vente liée (entre autre) et fait pression sur le gouvernement.
N'hésitez pas à soutenir cette association sérieuse qui défend le logiciel libre.

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